Mon coeur a trouvé du répit cette semaine, mais il faut que je dise qu’il vient de loin… d’ une longue convalescence de peines, de peur et d’angoisse… il s’est enlisé dans une sorte de conformisme qui lui permet de souffler… ce n’est pas qu’il ne souffre plus ou qu’il ne ressent plus rien… c’est juste qu’il laisse faire, il te laisse faire toi et les autres et les faits et les circonstances… sans se formaliser.
Je vois déjà qu’il commence à trouver, mon coeur, que la fenêtre vers ton monde intérieur lui est en quelque sorte fermée, il n’a pas de visibilité… mais il ne se jette pas sur l’escalier de secours pour aller pêcher, il espère que ton coeur à toi va bien… il lui envoie parfois des messages sans accusé de réception et il continue à battre et à débattre.
Je sens aussi un indescriptible mouvement intérieur depuis quelques jours. Chez moi ça ressemble un peu au Carpe Diem du cercle des poètes disparus. Mais il y a toujours, en embuscade, cette tristesse de ne pouvoir partager plus, et plus profondément. Nos fenêtres intérieures ne sont pas closes mais notre regard est ailleurs, attrapant chaque miette de nous que le vent veut bien porter jusqu’à nos pensées, mais ça ne suffit pas. Et que dire de ces moments où l’on voudrait s’offrir plus loin, plus au fond, mais sans y parvenir vraiment. L’angoisse d’être interrompu ?
Mon coeur oscille entre ce Carpe Diem qui permet de souffler un peu, de prendre les choses comme elles viennent et d’en profiter le moment venu (quand j’y parviens), et ce Triste Diem où me reviennent par bouffée tout ce que nous ne pouvons pas partager, et tout ce temps que tu passes loin de moi.
J’aimerai tant t’offrir mon monde intérieur, en échange du tien, et avoir ce temps de partage là.