Je ne sais pas pour toi mais moi je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à m’imaginer que c’est fini. Qu’on a plus rien à se dire, que tout est passé et que l’avenir ne va maintenant être qu’une longue et sinueuse route sombre dans une forêt de souffrance par une nuit sans espoir de lune.
Alors je cherche. Je cherche une faille, une fissure, une brèche dans notre relation par laquelle je pourrais m’immiscer, pas de une de ces grosses éraflures béantes que l’on a produite ces derniers temps, mais plutôt un petit trou de souris dans lequel aucun mal ne se serait encore fait place. Un endroit encore vierge de mes mots et de tes mots. Un petit coin de paradis qu’aurait produit notre amour, laissé intact par nos récentes écorchures. Là, dans cet endroit, je pourrais peut-être retrouver l’espoir. Il me rappellera ce qu’il y avait entre nous avant l’orage. Il me rappellera ce mois si doux d’échanges et de jeux, de rapports et de passions, de joie et d’intensité. Là, dans cet endroit, la culpabilité n’aura plus sa place, ni pour toi, ni pour moi. Et je pourrais m’approcher de toi sans crainte de te blesser, sans crainte de me blesser. Et tu pourras t’approcher de moi sans crainte de te faire mal, sans crainte de me faire mal. Là, dans cet endroit, la lumière se fera complice pour nous amener vers le meilleur de nous-même. On la cherchera un peu au début mais nos coeurs nous guideront.
Là, dans cet endroit…
“Se rencontrer et s’unir, rien de plus facile;
demeurer ensemble et vivre en paix, voilà le difficile”. Proverbe chinois