31 juillet, 2009 par Finn
Kyna,
Je crois que notre vide grenier est plein.
Plein des larmes qui ne cessent d’obscurcir nos yeux
Plein des coups portés jours après jours à notre indiscible amour
Plein des mots durs jetés ça et là sur notre chemin de souffrance
Plein de cette distance qui ne cesse de croitre entre nous
Plein de ces manques infinis
Plein de ces besoins innassouvis
Plein de ces rêves anéantis
Plein de ces partages qui n’ont pas eu lieu
Plein de ces rencontres où le pire l’a emporté sur le meilleur
Plein de nos peurs
Plein de nos fuites
Plein de nos désirs enterrés
Et plein de nos espoirs déçus…
Il faut croire que notre grenier ne contenait pas que des belles choses. Ce vide grenier l’a mis en lumière.
Alors, à la fin, qui va nous débarrasser de tout ce fatras ?
Oh, il suffit d’attendre, le temps remettra tout au grenier…
A quand le prochain vide grenier ?
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Mon coeur a trouvé du répit cette semaine, mais il faut que je dise qu’il vient de loin… d’ une longue convalescence de peines, de peur et d’angoisse… il s’est enlisé dans une sorte de conformisme qui lui permet de souffler… ce n’est pas qu’il ne souffre plus ou qu’il ne ressent plus rien… c’est juste qu’il laisse faire, il te laisse faire toi et les autres et les faits et les circonstances… sans se formaliser.
Je vois déjà qu’il commence à trouver, mon coeur, que la fenêtre vers ton monde intérieur lui est en quelque sorte fermée, il n’a pas de visibilité… mais il ne se jette pas sur l’escalier de secours pour aller pêcher, il espère que ton coeur à toi va bien… il lui envoie parfois des messages sans accusé de réception et il continue à battre et à débattre.
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Finn,
Mon moi résiste… la raison veut tordre le cou à mon coeur… une clé de judo… je suis imbibée de toi depuis hier… ma raison dit tais-toi, ne dis rien, ne te laisse pas embarquer dans ce tourbillon on ne peut plus commun…
Je lis des poèmes d’amour de gens comme toi et comme moi… et je me dis c’est tout pareil, je suis perdue, je suis tombée dans le filets… de cette grande mascarade que vivent les gens qu’on appelle amoureux (arggg…. rien que le mot)… cette illusion maladive qui finit toujours en grande déception.. comment ai-je pu penser, croire, sentir, ceci ou cela et puis ça…. mais je suis imbibée de ton corps, ton odeur, ton goût, ton regard, ton aura, tes mains, ta douceur, ton âme… et cette douce sensation d’avoir enfin eu un peu de toi pour moi, après une longue attente… ce que tu as bien voulu me donner dans l’élan le plus spontané de ta propre volonté… Toute cette journée avec cette image souvenir multi-sensorielle de toi… aujourd’hui dans cette douce attente de plus, d’un peu plus de toi, et de nous… J’ose à peine mais j’ose imaginer… attendre à nouveau ce nouveau moment… tout en essayant de faire taire ce qui se fraye un chemin en moi… je suis à nouveau en convalescence et déjà je me prépare à t’accueillir et je me languis de ton acceuil…
A moi le calme raisonnable de la demi-mesure !, s’insurge ma raison..
J’en peux plus d’intensité… soupire en silence mon coeur, quand ma poitrine s’emballe…
Tu as parlé de l’espoir d’amour devenu possibilité insaisissable d’amour… et j’ai trouvé tes mots si justes…
Cet espoir de l’amour placé en l’autre comme une hypothèque, un investissement… L’illusion (maladive) qui se transforme en attente puis en tristesse et en frustration.
Je voudrais qu’il reste un nous, quelque soit sa forme… s’il m’était permis de rêver de quelques uns de ses constituants, je prononcerais à voix haute des voeux de proximité, de confiance, de sincérité…
Oui, mon coeur, je suis toujours dans l’illusion désespérante aux yeux de ma raison exaspérée.
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J’ai été gênée par ta phrase, ou tu disais qu’avant on était beaucoup plus en phase dans le partage…
J’en suis triste car je réalise que si elle m’a gênée c’est que je crains ne pouvoir retrouver cet état ou je me sentais libre avec toi, ou je me sentais heureuse d’être moi même… le fait que je me sente lésée, mes blessures à vif, dans le déséquilibre …entraîne la plupart du temps un état d’alerte, de peur de risque de danger imminent… mon coeur aussi bat vite, beaucoup trop vite…
Un peu comme toi qui as l’impression d’être dans un effort permanent et de ne pas me convenir… c’est finalement comme des sentiments en miroir.
J’avais presque envie de le formuler d’une façon qui me fait penser à toi: je crains de ne plus pouvoir te donner ça, ce que tu aimais tant… et que moi j’aime tant… et j’en suis triste, défaite… je suis comme un petit animal blessé perdu au milieu de la foule, je ne suis plus dans mon état intérieur antérieur, d’avant la guerre, quand je suis avec toi et que mon sentiment de ne pas être aimée me colle à la peau…
Je sens comme toi, par intermittence que ça revient quand un détail me donne confiance et puis que ça s’en va dès qu’un autre détail me fait basculer et que mon manque d’amour se réveille. Je sens comme toi que c’est des instants fugaces… et je me dis à ces instants la que petit à petit je vais y arriver… à gérer et à être dans mon état normal, je reprends espoir par intermittence…
Je suis encore triste, ce soir… comme si je te perdais progressivement, inéluctablement…
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L’imaginaire est cet espace à partir duquel on peut entendre, voir, sentir, goûter dans un très grand flou, comme dans un rêve où on ne se souvient pas de tout… tout ce qui se passe en nous. Souvent le ressenti lui est très net, et c’est le seul détail que nous laissons en plan au profit de tout le reste.
N’est-il pas flou ton imaginaire ? n’as-tu pas remarqué la distance entre la situation imaginée et l’issue associée après coup dans la réalité ?
Balivernes ! Tout ça est loin d’être bien net. A l’image de tout le reste, foutu imaginaire.
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Je me sens vidée, ce vide d’énergie en consonance avec ce vide de toi qui se fait après ton départ… malgré moi, malgré toi… comme une convalescence…
Ce vide qui suit toujours l’intensité de nos retrouvailles… poème, romance, étoiles, blessures, larmes, peurs… le contraste, toujours ce contraste… sans ombre point de lumière ?
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Un petit mouvement de toi, un joli cadeau, une touchante attention, et me voilà heureux!
Kyna, ton retour s’approche et avec lui mon esprit reprend des couleurs. C’est étonnant de mesurer combien cette idée de ton rapprochement me touche; combien je me sens mieux de baigner dans cette douce idée que tu vas m’écrire bientôt, pour te raconter peut-être; combien j’ai envie de te voir, te sentir et te toucher; combien je me sens stimulé par ces souvenirs de toi qui surgissent à chaque instant; combien je vibre intérieurement de toutes ces sensations de plaisir.
Et tout cela simplement parce que j’imagine, j’imagine que tu te rapproches…
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La douce grisaille du temps présent s’est installée dans mon coeur. Moins de souffrance, moins de tristesse, mais une sensation de vivre en creux, de vivre en pause, de vivre à coté, de vivre chez les autres, de vivre pour quelqu’un d’autre, de vivre en supplément, de vivre par effraction, de vivre par mégarde, de vivre en attendant, de vivre par défaut, de vivre lentement, de vivre par inadvertance…
Kyna, je pense à toi.
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Les réflexes sont tenaces. Je regarde si tu te connectes toutes les 4 minutes, je vérifie mes mails 57 fois par jour, je crois te reconnaitre dans la rue, etc. Il y a une partie de moi qui ne croit pas à ton absence. Il y a une partie de moi qui pense encore que tu es là, dans les parages, prête à me croiser ou à me parler.
Je nourris donc ma propre tristesse en déclenchant spontanément mes propres déceptions, tout seul comme un grand. D’où de telles compulsion à se sentir en lien, alors que la raison sait qu’il n’y a pas de lien possible, peuvent-elles provenir ? C’est qu’au delà de la raison, quelque chose en moi s’exprime. Un sentiment, une attente, un manque, un besoin, un rêve, un désir, une envie ???
L’amour.
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L’écriture permet de tenir.
Lorsque même les pleurs ne parviennent pas à étouffer la souffrance,
Lorsque même les derniers mots ne parviennent pas à combler le vide,
Lorsque même le souvenir du dernier baiser ne parvient pas à illuminer la nuit,
Lorsque même les rêves se drapent d’un noir linceul d’absence.
L’écriture vient au secours.
Kyna, je ressens ton départ jusqu’aux tréfonds de mon âme. Je m’interdis de t’écrire tout cela pour ne pas verser sur ton bonheur de l’instant ma triste errance. Mais j’aimerai que tu la lises un jour, que tu saches ce qui se passait en moi ce soir là. Ce blog sera mon journal de bord. Mon carnet de voyage immobile. Voyage dans mon âme à l’arrêt. Si au moins je pouvais rester en suspension dans les cieux lumineux de mes doux souvenirs… mais pour le moment, seules les ombres faméliques de mes propres désirs anéantis me tendent leurs mains décharnées.
Finn
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Je ne sais pas pour toi mais moi je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à m’imaginer que c’est fini. Qu’on a plus rien à se dire, que tout est passé et que l’avenir ne va maintenant être qu’une longue et sinueuse route sombre dans une forêt de souffrance par une nuit sans espoir de lune.
Alors je cherche. Je cherche une faille, une fissure, une brèche dans notre relation par laquelle je pourrais m’immiscer, pas de une de ces grosses éraflures béantes que l’on a produite ces derniers temps, mais plutôt un petit trou de souris dans lequel aucun mal ne se serait encore fait place. Un endroit encore vierge de mes mots et de tes mots. Un petit coin de paradis qu’aurait produit notre amour, laissé intact par nos récentes écorchures. Là, dans cet endroit, je pourrais peut-être retrouver l’espoir. Il me rappellera ce qu’il y avait entre nous avant l’orage. Il me rappellera ce mois si doux d’échanges et de jeux, de rapports et de passions, de joie et d’intensité. Là, dans cet endroit, la culpabilité n’aura plus sa place, ni pour toi, ni pour moi. Et je pourrais m’approcher de toi sans crainte de te blesser, sans crainte de me blesser. Et tu pourras t’approcher de moi sans crainte de te faire mal, sans crainte de me faire mal. Là, dans cet endroit, la lumière se fera complice pour nous amener vers le meilleur de nous-même. On la cherchera un peu au début mais nos coeurs nous guideront.
Là, dans cet endroit…
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Ce mystère qui nous pousse, nous emporte parfois, puis nous lache d’un coup sans prevenir… plongeon dans les profondeurs d’un océan de silence, de lumière, de détail, de bouillonement… ces vagues imprévisibles, le sont-elles ? imprévisibles ?
Que souhaites-tu savoir, lecteur, à propos du mystère biologique de l’attraction, de l’intérêt, de l’émotion et du sentiment ?
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11 janvier, 2009 par Kyna
Je me sens si condamnée par tes mots
Je me sens tellement jugée et repoussée,
Avant de partir, j’aimerais savoir,
Est-ce cela que tu voulais dire ?
Avant que je ne me lève pour ma défense,
Avant que je ne parle poussée par ma souffrance
ou par la peur
Avant que je ne construise un mur de mots,
Dis-moi, ai-je bien entendu ?
Les mots sont des fenêtres, ou bien ils sont des murs.
Ils nous condamnent ou nous libèrent.
Lorsque je parle et lorsque j’écoute,
Puisse la lumière de l’amour rayonner à travers moi.
Il y a des choses que j’ai besoin de dire,
Des choses qui signifient tant pour moi,
Si mes mots ne rendent pas mon message limpide,
M’aideras-tu à me sentir libre ?
Si j’ai paru te rabaisser,
Si tu m’as crue indifférente,
Essaie d’écouter par-delà mes mots
Les sentiments que nous partageons.
[Ruth Bebermeyer]
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Finn,
Je suis tellement émue par ces paroles… Continuer à lire »
Publié dans Grand déballage, Histoire d'A | Taggé amitié, amour, écoute, citation, tendresse | 1 commentaire »
“Je suis plus vaste et meilleur
que je ne pensais,
Je ne savais pas que je contenais
tant de qualités”
Walt Whitman
Merci Finn, pour les qualités que tu as listés… c’est mon moi reconnaissant, parfois malmené dans les hauts et les bas de la vie quotidienne… il est très touché… il se reconnait dans quelques unes, par d’autres il est étonné et emerveillé.
Publié dans Notre Moi | Taggé Joie, qualité | Laisser un commentaire »
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